mercredi 4 février 2026
À la uneAfrikExpress

Terres rares : l’Afrique, nouvel échiquier d’une guerre froide minière (et tout le monde veut sa part)

Exit la géopolitique discrète, place à la ruée ouverte. Alors que Pékin resserre son étau sur le marché des terres rares – ces 17 métaux critiques pour nos smartphones, voitures électriques et drones militaires –, l’Occident panique et se rue vers le continent africain. Une nouvelle frontière ? Plutôt un gigantesque plateau de jeu où États-Unis, Australie et compagnies minières tentent de détrôner le roi chinois. C’est parti pour être un pari sportif cette année.

Un continent, zéro mine en activité… mais un max de promesses.

Aujourd’hui, l’Afrique ne produit strictement rien en terres rares. La dernière mine, Gakara au Burundi, a fermé boutique en 2021. Pourtant, les cabinets d’analyse comme Fitch Solutions nous promettent 7% de la production mondiale d’ici 2034. Sur quoi repose cette projection ? Sur un paquet de projets encore sur le papier, mais qui font saliver Washington et Bruxelles. En 2026, on passe des PowerPoints aux pelleteuses. Ou pas.

Kangankunde (Malawi) : Le chouchou des Américains et son « délire de grandeur »

Direction le Malawi, où le projet Kangankunde joue les premiers rôles. Son opérateur, l’australien Lindian Resources, a sorti le chéquier (59 millions USD) et vise une production fin 2026. Les engins arrivent sur le site, c’est du sérieux.

Mais c’est dans les ambitions que ça devient épique. Lindian parle d’une usine de 15 300 tonnes de concentré par an, extensible à 50 000 tonnes pour une durée de vie de… 45 ans ! Un tel projet ferait du Malawi un poids lourd mondial. Pas étonnant que Washington flaire la bonne affaire.

Le petit détail qui pique : En décembre 2025, on apprenait que les États-Unis discutaient avec le Malawi pour « évaluer le potentiel du projet à combler leur déficit ». Traduction : « On adore votre terre, voici notre numéro, appelez-nous peut-être. » Aucun accord n’est signé, mais la danse de séduction est lancée. Un classique : les promesses de Washington contre la dépendance minérale de demain.

2026 s’annonce comme l’année de vérité. Entre les annonces tonitruantes, les investissements risqués et les manœuvres géopolitiques à découvert, l’Afrique des terres rares est le théâtre d’un poker menteur à milliards. Les compagnies minières promettent monts et merveilles, les gouvernements occidentaux font les yeux doux… Reste à voir qui va vraiment sortir son portefeuille, et si ces mines sortiront enfin de terre, ou seulement des communiqués de presse. À suivre, avec un bon grain de sel (ou de terres rares).

 

Laisser un commentaire