Éducation au Gabon : « Nos enfants ne doivent pas être sacrifiés »
Alors que le secteur éducatif traverse une crise profonde, Julien Nkoghe Bekale, ancien président du CESE, interpelle avec gravité et humanité. Dans cette tribune, il plaide pour un sursaut national : oui aux revendications légitimes des enseignants, mais non à la rupture du dialogue qui hypothèque l’avenir des élèves. Un texte touchant qui appelle à l’apaisement, au sens de l’État et à un geste présidentiel libérateur, au nom de la jeunesse gabonaise.
La crise sociale que traverse actuellement le secteur de l’éducation appelle à un sens élevé de la responsabilité collective et de l’intérêt national.
Je reconnais pleinement la légitimité des revendications sociales des enseignants, liées à leurs conditions de vie et de travail, qui méritent des réponses sérieuses, justes et durables. Cependant, je ne peux rester indifférent face au blocage du dialogue et au risque réel de sacrifier l’avenir de nos apprenants, qui ne doivent en aucun cas être les victimes de cette crise.
Le dialogue demeure la seule voie responsable.
J’en appelle à la responsabilité collective de toutes les parties :
- aux enseignants, pour préserver l’essentiel ;
- au gouvernement, pour poser des actes concrets et immédiats afin de faire retomber la tension.
Notre pays a besoin d’apaisement, de solutions pragmatiques et d’un sens élevé de l’intérêt général. L’éducation de nos enfants ne peut être un champ de confrontation permanente. Elle est l’avenir de la Nation.
C’est par le dialogue, la responsabilité et la primauté de l’intérêt général que nous sortirons de cette crise. L’avenir des élèves doit demeurer la priorité absolue. Notre pays a besoin de stabilité, de cohésion et de sens de l’État. L’éducation doit rester un pilier de rassemblement national.
La crise actuelle appelle des réponses lucides, apaisées et responsables.
C’est dans cet esprit que je salue la décision des autorités au premier rang desquelles, le Président de la République, d’avoir usé de sa sagesse, en accord avec la volonté du peuple gabonais, en libérant Messieurs Marcel Libama et Simon Ndong Edzo.
Ce geste ouvre désormais la voie à une paix des braves, dans le plus grand intérêt des élèves et de la paix sociale.
Julien Nkoghe Bekale
Ancien Président du CESE

