jeudi 5 mars 2026
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Scandale d’État en France : Le Quai d’Orsay accusé d’entrave à une enquête pour crimes de sang au Gabon.

Selon les révélations du journal français Marianne publiées ce jeudi 5 Mars 2026, le ministère français des Affaires étrangères est soupçonné d’avoir sciemment freiné une enquête judiciaire portant sur des exactions qualifiées de crimes contre l’humanité. Au cœur des investigations : le bain de sang ayant suivi la réélection contestée d’Ali Bongo à la présidence du Gabon, en 2016, et le rôle présumé de ressortissants français dans cette répression meurtrière.

 L’été 2016, le Gabon est à feu et à sang. Alors que Jean Ping, figure de l’opposition, conteste les résultats d’une élection présidentielle qui voit la proclamation de la victoire du clan Bongo — au pouvoir depuis 1967 avec le soutien historique de Paris —, le peuple descend massivement dans les rues de Libreville. La réponse du régime est d’une violence inouïe : l’armée est déployée, les arrestations arbitraires se multiplient, et les manifestants sont torturés.

L’épicentre de l’horreur se situe au quartier général de campagne de Jean Ping. Selon les témoignages glaçants de survivants, dont une victime franco-gabonaise, le bâtiment a été mitraillé depuis un hélicoptère pendant que des hommes cagoulés donnaient l’assaut au sol. Bilan : des dizaines de blessés et plusieurs morts.

Face à ce carnage, deux plaintes ont été déposées en France, entraînant l’ouverture d’une enquête pour « arrestation et détention arbitraires, torture et acte de barbarie, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité ». Une procédure sensible confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), rattaché à la gendarmerie nationale.

Mais alors que les enquêteurs tentaient d’avancer, l’administration française semble avoir mis des bâtons dans les roues de la justice. Marianne a consulté des documents internes accablants : le Quai d’Orsay est accusé d’avoir « caviardé » une liste de pièces essentielles réclamées par la gendarmerie. Des documents stratégiques, détenus par la diplomatie française, qui n’ont jamais été transmis, entravant ainsi considérablement les investigations sur ce possible crime contre l’humanité et sur l’implication de Français dans cette répression sanglante.

 

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