mercredi 14 octobre 2026
À la uneAfriksanté

Santé : 17 menaces sanitaires pèsent sur l’Afrique d’ici 2100

D’après « The Lancet », la revue scientifique médicale hebdomadaire britannique, l’Afrique en général et subsaharienne en particulier, pourrait « payer le prix fort » des 17 menaces sanitaires majeures qui pèsent sur la planète d’ici à 2100.

Entre climat,  épidémies et recul de l’aide, le journal alerte sur ces menaces « …capables de bouleverser la santé humaine d’ici à la fin du siècle ». The Lancet tire ses informations des recherches effectuées par une Commission internationale, soutenue par l’Institute for Health Metrics and Evaluation dans 204 pays à travers le monde, qui pourraient payer le prix le plus lourd.

Et d’après les résultats de leurs travaux, « l’Afrique subsaharienne concentre une grande partie de ce risque, surtout si l’aide internationale à la santé s’effondre ». Avec l’appui du Daly, l’indicateur qui mesure les années de vie en bonne santé perdues, les chercheurs révèlent qu’environ « …70 % des pertes de santé évitables se produiraient sur le continent ». D’où l’urgence pour les dirigeants « de faire des choix politiques très concrets dès maintenant ».

Les menaces sanitaires en question

Elles sont regroupées en 5 grands blocs : les risques infectieux et biologiques (pandémies, résistance aux antimicrobiens), les risques environnementaux avec notamment le changement climatique et la pollution de l’air, les maladies liées aux modes de vie (obésité, hypertension, alcool, tabac, mauvaise santé mentale), les facteurs socio-économiques (malnutrition infantile, inégalités de revenus, faible niveau d’éducation, effondrement de l’aide, conflits armés) et les menaces existentielles, de la guerre nucléaire à l’usage « malveillant » de l’intelligence artificielle. Ces menaces dites « catastrophiques », qui ont retenu l’attention de la Commission, pourraient coûter au moins un milliard de Dalys entre 2025 et 2100 indique The Lancet.

La revue nous apprend également que « dans la région Afrique de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), plus de 120 urgences de santé publique sont enregistrées chaque année, dont 80 % sont des flambées épidémiques ».

Rappelons qu’entre 2025 et 2026, l’Afrique a fait face au virus Ebola (qui sévit en République Démocratique du Congo), le choléra qui refait surface de manière récurrente, le mpox, la maladie à virus Marburg, la méningite, la dengue et la fièvre de Lassa, les inondations et crises humanitaires. Et pour le seul choléra par exemple, sur les 245 472 cas déclarés, l’on a tout de même enregistré 5344 décès dans 24 pays, pour un taux de létalité de 2,2 %, loin de l’objectif fixé par l’OMS à savoir : son élimination totale d’ici 2030.

Pistes et solutions pour y remédier

D’après la revue scientifique britannique, les dirigeants africains doivent miser sur trois grandes priorités : investir dans l’innovation (vaccins, diagnostics, traitements), rendre les systèmes de santé adaptés et efficaces face aux menaces, et suivre régulièrement les risques à travers un observatoire indépendant. The Lancet nous informe qu’en Afrique, les lignes ont commencé à bouger. Plusieurs États ont adopté les amendements de 2024 au Règlement sanitaire international. Et tous les pays disposent désormais « … capacités de séquençage, avec une explosion du nombre de génomes analysés, et un système d’alerte fondé sur l’intelligence artificielle, le Preparedness Data Exchange, couvrant déjà la région ».

Martin Mbita

Sources : The Lancet / Revue scientifique médicale hebdomadaire britannique

Laisser un commentaire