jeudi 6 août 2026
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Gabon : la BNP Paribas citée dans le scandale des « biens mal acquis »

D’après le Parquet National Financier (PNF) de Paris cité par le médias français Médiapart, BNP Paribas, la première banque française a directement participé à un vaste système de détournements de fonds, mis en place par le clan de l’ancien Président du Gabon, Omar Bongo Ondimba. Le Parquet National Financier qui s’appuie sur ses 19 ans d’enquête judiciaire, a ainsi requis un renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, des membres de l’entourage de l’ex Chef d’Etat du Gabon. Dans ce vaste scandale financier, on y retrouve 23 personnes et sociétés, dont d’un côté, « les bénéficiaires des détournements, membres de la famille Bongo ou de son entourage, considérés comme des ‘’receleurs’’ et de l’autre, leurs complices présumés en France, qui sont les ‘’blanchisseurs’’ ».

Un réseau bien huilé

Le PNF qui veut un véritable procès des mis en cause, dit avoir réussi à démanteler « un vaste système de captation de dizaines de millions d’euros au détriment de la population gabonaise ».

Selon les procureurs, « au regard du nombre de manquements constatés » pendant toutes les années, la première banque de l’Union européenne « ne pouvait pas ne pas avoir connaissance de l’origine frauduleuse des fonds » qui ont transité par ses comptes.

Le parquet, révèle également qu’environ 30 millions d’euros ont été déposés en espèces par le clan Bongo sur les comptes de l’entreprise au Gabon. « L’argent a ensuite pris la direction de la France, où Atelier 74 a réalisé d’importantes acquisitions immobilières, sans que la BNP y trouve à redire ».

D’après d’autres informations du PNF relayées par Médiapart, « la BNP a fermé les yeux sur les transactions effectuées par un de ses clients, la société Atelier 74, une agence de décoration établie à Annecy (Haute-Savoie) qui aurait, d’après l’enquête, servi de faux nez financier aux Bongo. Le compte français d’Atelier 74 était largement alimenté par les versements d’une de ses filiales en Afrique, qui était enregistrée à la BGFI – une banque proche du pouvoir gabonais » révèle le PNF.

Toujours dans le réquisitoire du Parquet National Financier, figure un autre mode de blanchiment. Il s’agit de AICI, une agence immobilière basée dans le 16ème arrondissement de Paris. Elle est soupçonnée d’avoir reçu de 1997 à 2008, la somme de 12,8 millions d’euros en provenance du camp Bongo, afin d’acquérir des biens en France. Le PNF souhaite ainsi, que « les acteurs français ayant, directement participé à occulter l’origine illicite des fonds lors de leur placement en France soient jugés ».

Rappelons que Omar Bongo Ondimba, qui a régné d’une main de fer sur le Gabon (petit pays d’Afrique centrale) de 1967 jusqu’à sa mort en 2009, a accumulé une fortune colossale, issue pour la plupart de l’exploitation à des fins privées du pétrole du pays. Le Gabon il faut le relever,  est un partenaire historique de la compagnie Elf (devenue TotalEnergies), abondamment citée comme levier important des relations entre la France et l’Afrique.

Alphonse Mbiayi

Source : Médiapart

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