Éditorial

La main « assassine » de la France?

Dans la plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique, au  sud du Sahara, le mal développement a atteint des niveaux innommables. Pas besoin de rentrer dans des discours misérabilistes pour s’en persuader. Un seul exemple : Malgré les immenses richesses naturelles et matières premières dont ils regorgent, aucun pays africain, anciennement colonie française n’a toujours pas atteint le stade minimum de pays émergent. Un mal développement que des populations attribuent le plus souvent aux incompétences criardes des dirigeants, derrière lesquelles, il faut le dire, se cache surtout la main assassine, en charge de garantir les intérêts de la France. En effet, les dirigeants politiques de ces pays africains ayant en commun l’usage du Franc Cfa, sont pour la plupart, des marionnettes au service des intérêts de ceux qui leur offrent et leur garantissent leurs pouvoirs, et qui, au passage, n’oublient jamais de se remplir les poches, goulument et sans gêne. Et c’est précisément cette garantie des intérêts étrangers qui s’avère automatiquement incompatible avec la protection des intérêts de la majorité des résidents.

Processus électoraux viciés

Ainsi, faute de pouvoir détruire les puissances d’argent qui parrainent et soutiennent ces dirigeants assoiffés de pouvoir, les populations s’essayent parfois à les remplacer, soit par des coups de force militaire, soit lors des échéances électorales. Sauf que dans le dernier cas, les processus électoraux sont si viciés qu’ils ne permettent pas toujours de faire fonctionner l’alternance. D’où ces bruits,  casses, morts et larmes qui s’en suivent généralement.

L’horreur dans tous les sens

Dans un pays comme le Cameroun où les opposants au régime de Paul Biya militent depuis bientôt 30 ans pour le changer, sans y arriver, on enregistre depuis quelques années, des cas d’actes répétitifs d’horreur, aggravés depuis octobre 2018. Le dernier en date s’est passé le samedi 24 octobre 2020, au sud-ouest du Cameroun, dans la ville de Kumba plus précisément. Des hommes (dont on ignore si l’on doit encore les appeler ainsi), sont allés froidement assassiner des innocents : des enfants, qui ne demandaient que deux petites choses : vivre et aller à l’école. Des crimes idiots, crapuleux et inutiles. Le gouvernement camerounais, par la voie de son porte parole, René Emmanuel Sadi, a expliqué, pour ces dernières horreurs en tout cas, qu’elles sont ‘’le résultat du désarroi et de la déroute des bandes armées sécessionnistes face à la détermination de la communauté éducative qui aurait bravé leurs menaces et mots d’ordre’’. Fort possible. Mais une autre explication tient également la route, par le fait que ces crimes abominables, que rien au monde ne justifie, font partie de ces multiples gestes mortifères dont usent et abusent ces séparatistes pour mettre à mal un régime dont ils n’en veulent plus. Comme au Cameroun, la grande difficulté à pouvoir renouveler les équipes dirigeantes pousse parfois les manifestants de certains autres pays, sous emprise de la France, à pousser à l’extrême leurs revendications, se faisant ainsi purement et simplement tuer par les forces de défense. En Guinée-Conakry par exemple, l’élection présidentielle vient de se dérouler, dénombrant au passage plusieurs morts sur le terrain. Alpha Condé, le dirigeant sortant n’a pas bougé de son siège. En Côte d’Ivoire, on compte déjà des morts, avant même le jour de  l’élection présidentielle. Si l’on s’en tient à la montée des tensions sur le terrain ivoirien, sans doute, le plus grand danger reste à venir.

Le souci majeur pour les militants du changement

Le souci majeur, pour les auteurs de ces actes terroristes, si abjects, si lâches, si abominables et si mortifères est, qu’aussi longtemps qu’ils seront sporadiques, ils ne pourront jamais faire vaciller certains régimes solides, comme celui du Cameroun. Il faut peut-être le rappeler à tous ceux qui, faute de pouvoir mener de véritables révolutions, rêvent de changements de régimes en Afrique : les changements de régimes, ne se font pas à l’aide des actes terroristes isolés ou des marches minimalistes. Ils ont plus de chance de réussir lorsqu’il y a des agglomérats. Malheureusement, les Africains, sont des foules qui apparaissent presque toujours comme incapables de faire foule, même pour défendre des causes communes.

Alain Bengono

 

 

 

 

 

 

2 thoughts on “Éditorial

  • lundi 11 mai 2020 à 5:56
    Permalink

    Merci,
    j espère que nous seront nombreux à prendre conscience. Le barrage tiendras s’il y a de quoi arrêter la vague.

    Répondre
  • lundi 10 août 2020 à 12:41
    Permalink

    Tous des menteurs

    Répondre

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :