mercredi 4 février 2026
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Alerte Rouge : Le bras de fer pour sauver un fleuron gabonais et 1000 emplois

Scandale judiciaire ou prédation organisée ? La guerre est déclarée. Dans les couloirs feutrés du droit des affaires, un combat sans merci oppose les gardiens d’un empire économique à ceux qu’ils accusent de vouloir le dépecer. Au centre de la tempête : les groupes Satram, EGCA et surtout Alogis, un géant national dont l’étendard est brandi pour sauver un millier d’emplois. Le conseil juridique monte au front et tire à boulets rouges sur ce qu’il nomme un « hold-up judiciaire » en règle.

Un réquisitoire explosif et un ultimatum

La juriste Marlène Fabienne Essola Efountame n’a pas mâché ses mots devant la presse. Loin d’une simple conférence, son intervention a été un réquisitoire implacable, dénonçant une liquidation « sauvage » qui ébranlerait, selon elle, les fondements mêmes de l’État de droit au Gabon. « Ce ne sont pas de beaux discours qui font l’État de droit », a-t-elle martelé, lançant un avertissement solennel au système.

Le piège de la décision « inexécutable »

L’étincelle ? Une décision de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) prononçant en 2024 la liquidation de Satram et EGCA. Mais voilà le hic juridique : un recours a été formé. Maître Essola Efountame rappelle la règle sacrée de l’OHADA : ce recours suspend l’exécution du jugement. « Tenter d’exécuter une telle décision est une forfaiture, une violation pure et simple », accuse-t-elle. Pour l’avocate, cette obstination sent la manœuvre préméditée.

Alogis, la proie convoitée

Et la cible de cette offensive ? Alogis. Une entreprise créée en 2021, autonome juridiquement, où Satram et EGCA ne sont que minoritaires. Le verdict de la CCJA ne la mentionne même pas. Pourtant, les syndics en liquidation tenteraient, selon le conseil juridique, de mettre la main sur ses actifs. « C’est une spoliation en règle, déguisée en procédure. Ils affirment que les biens d’Alogis leur appartiennent !

C’est un mensonge qui tue l’économie réelle », dénonce-t-elle d’une voix chargée d’une colère froide.

Neutralité bafouée et soupçons de collusion

Les accusations montent d’un cran : violation de la neutralité des syndics, plaintes pénales infondées, approches directes auprès de partenaires stratégiques comme Comilog pour évincer Alogis… « Je ne sais pas si on est dans un État de droit. Quand on voit ces manœuvres, on se demande qui tire réellement les ficelles », lance-t-elle, percutante. Et elle prévient : la responsabilité personnelle des syndics pourrait être engagée, « civilement et pénalement ».

Plus qu’une entreprise, un symbole à défendre

Derrière les articles de loi et les procédures, ce sont plus de 1000 familles gabonaises dont l’avenir est en jeu. « Satram et EGCA ont un passif, oui. Mais leur expertise, leur histoire et la dignité due à leurs employés ne se liquident pas à coups de milliards », plaide l’avocate. Alogis était la solution de redressement, l’espoir. Aujourd’hui, cet espoir est pris en otage.

La contre-attaque est lancée. Une demande de remplacement des syndics est en cours. Un appel est lancé à tous les partenaires pour qu’ils ignorent les injonctions jugées illégitimes. « Ce combat est celui du droit contre l’arbitraire, de la préservation de notre patrimoine économique contre la prédation. La détermination de mes clients est absolue. Le droit finira par triompher. »

Le message est clair et sans concession : la bataille pour Satram, EGCA et Alogis entre dans une phase décisive. L’enjeu dépasse les fortunes privées ; c’est la crédibilité de la justice des affaires au Gabon qui se joue sur ce terrain miné.

 

 

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