Énergie : Panoro met le paquet en Guinée équatoriale et rafle la mise à Kosmos pour 220 millions $
La Chambre africaine de l’énergie (AEC) applaudit des deux mains. L’acquisition par Panoro Energy de la participation de Kosmos Energy dans le bloc G, au large de la Guinée équatoriale, vient de passer sous les projecteurs. Un deal à 219,5 millions de dollars qui ressuscite le vieux champ Ceiba et son complexe Okoumé.
L’Américain Kosmos Energy a dit adieu à ses 40,375 % dans le bloc G. Le repreneur ? L’indépendant Panoro Energy, qui a sorti le carnet de chèques pour empocher la mise. Au programme : 180 millions de dollars comptant, plus 39,5 millions de bonus éventuels. De quoi faire tourner les têtes dans les couloirs du pétrole ouest-africain.
La transaction, attendue pour mi-2026 sous le regard vigilant de la CEMAC, propulse Panoro à la tête d’une participation majoritaire de 54,625 % dans des actifs qui ont fait leurs preuves. Ceiba et Okoumé, ce n’est pas de la roupie de sansonnet : en service depuis respectivement 2000 et 2006, ces champs crachent encore entre 30 000 et 35 000 barils par jour. De quoi faire saliver n’importe quel opérateur.
Pour l’AEC, pas de doute : ce transfert de propriété est « un vote de confiance » en faveur d’un secteur amont équato-guinéen qui avait besoin d’un bon bol d’air. « Cette transaction démontre que les actifs de production africains continuent d’attirer des capitaux importants », jubile NJ Ayuk, le patron de l’institution, qui y voit le signal d’un « nouveau chapitre du développement énergétique africain ».
Kosmos fait de la place, Panoro remplit les poches
Derrière ce ballet financier, une stratégie claire : Kosmos veut alléger sa dette et se recentrer sur ses pépites ghanéennes (Jubilee, TEN) et son méga-projet gazier Greater Tortue Ahemyim entre Mauritanie et Sénégal. Panoro, lui, continue sa moisson africaine après le Gabon, la Tunisie et l’Afrique du Sud. La compagnie, qui a franchi le cap des 10 000 barils/jour en 2025, voit dans le bloc G une poule aux œufs d’or solide jusqu’en 2040.
Pendant ce temps, Malabo ne boude pas son plaisir. Le pays, dont la production pétrolière a connu des heures plus glorieuses qu’en 2010, mise gros sur cette stabilité retrouvée. Entre le Gas Mega Hub et le prochain cycle de licences EGRonda 2026, la Guinée équatoriale tente de se réinventer en hub gazier régional. Et avec des vieux champs qui tiennent encore la route, elle s’offre le luxe de préparer l’avenir sans lâcher le présent.
Bref, dans les eaux troubles du golfe de Guinée, Panoro vient de prouver qu’il y a encore de la place pour ceux qui savent racler les fonds de tiroir.

