RCA : Touadéra réélu au premier tour, la surprise a fait trois tours et est rentrée chez elle
Le président sortant Faustin Archange Touadéra a, dans un suspense insoutenable, remporté l’élection présidentielle du 28 décembre dès le premier tour. La nouvelle a sidéré le pays, où tout le monde se demandait : parviendra-t-il à franchir la barre des… 70% ? Finalement, avec 76,15% des voix, il a pulvérisé ce plafond de verre, prouvant que lorsqu’on organise une course où l’on est à la fois le starter, le coureur favori et le chronométreur, il est difficile de perdre.
La République centrafricaine avait mobilisé son impressionnante machinerie démocratique : près de 6 800 bureaux de vote, pour offrir aux 2,4 millions d’électeurs inscrits le choix ultime. Un choix si ultime que le principal concurrent, M. Dologuele, a dû se contenter d’une honorable médaille d’argent à 14,66%, pendant que les cinq autres candidats se partageaient les miettes du gâteau avec la solennité d’une réunion de copropriété.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte politique « inédit et parfois tendu », comme on qualifie poliment une tempête dans un verre d’eau. L’opposition, brillamment unie dans sa division et son boycott partiel, a offert une alternative si crédible que l’électorat s’est tourné vers la sécurité – au sens propre comme au figuré. Le bilan en la matière du président sortant, ainsi que son ancrage institutionnel renforcé par l’abolition des limites de mandat en 2023 (heureuse coïncidence), ont sans doute pesé dans la balance. Qui a dit que changer les règles en cours de jeu donnait un avantage ?
Avec un taux de participation de 52,42%, on peut affirmer que près de la moitié de l’électorat a choisi de s’exprimer autrement, peut-être par une contemplation profonde du contexte sécuritaire et institutionnel. Les 40 000 bulletins nuls et 39 000 blancs représentent quant à eux le vote « je sais mais je ne dis pas ».
L’Autorité Nationale des Elections, dans un élan de transparence qui force l’admiration, a déjà compilé 84% des résultats. Seule la validation de la Cour constitutionnelle, étape désormais traditionnelle et hautement symbolique, sépare ces résultats provisoires de leur caractère définitif. Un dernier rite démocratique avant que ne commence, dans la sérénité et l’union nationale que ces chiffres reflètent si bien, le troisième mandat consécutif du président.
La Centrafrique entre donc dans une nouvelle ère de stabilité, où l’opposition peut méditer sur la stratégie gagnante consistant à obtenir entre 1 et 3% des voix. Une leçon de démocratie à plusieurs vitesses, où une seule voie semble, visiblement, très très large.

